Lexique du désert : paysages, lieux, climat et culture du Sud marocain
En résumé : ce lexique du désert rassemble les 28 mots sur lesquels nos voyageurs nous questionnent le plus. Paysages, lieux, climat, culture : chaque terme est défini en quelques phrases simples par une famille qui vit ici, et classé par ordre alphabétique dans sa rubrique. Chaque mot a son ancre : quand une autre page du site emploie un terme qui mérite une explication, elle renvoie ici.
Les paysages
Erg
Un massif de dunes, ce que l'on appelle une « mer de sable ». Le mot est arabe. Le vent y entasse le sable et en redessine les formes sans arrêt. Loin de l'image habituelle, les ergs n'occupent qu'une faible part du Sahara. Au Maroc, deux grands ergs : à l'est, celui de Merzouga, l'Erg Chebbi ; plus au sud, l'Erg Chegaga, où notre famille vous emmène, long d'environ 40 km. Définition détaillée, et liste des ergs du Sahara et du Maroc : qu'est-ce qu'un erg.
Hamada
Un plateau de roche à nu, dont le vent a emporté tout le sable. Entre Foum Zguid et les dunes, la hamada du Draa aligne des dalles sombres jusqu'à des horizons parfaitement plats : on se croirait sur la lune. Quelques acacias y poussent, chacun isolé. Au petit matin, si la chance est avec vous, une gazelle traverse.
Oued
Un cours d'eau intermittent. La plupart du temps, ce n'est qu'un lit de galets sec ; un orage suffit à le remplir en quelques minutes. Le nom de Foum Zguid en vient : « foum » veut dire la bouche, c'est-à-dire le point où l'oued Zguid traverse la montagne.
Reg
Une plaine de cailloux usés par le vent et posés sur un sol dur. C'est le Sahara le plus répandu : le désert est fait surtout de reg, bien plus que de sable. Sur la piste de Chegaga, vous en traversez longtemps avant la première dune. Les nomades y déchiffrent les traces comme on lit une page.
Sebkha
Le fond d'argile et de sel d'un ancien lac, qui ne retrouve de l'eau qu'après de grosses pluies. Dans notre région, la plus impressionnante est celle du lac Iriki, posée entre le Jbel Bani et les dunes : une étendue blanche d'environ 13 km sur 11. Quand elle est sèche, les 4x4 y glissent comme sur une table de billard.
Lieux, routes et repères
Anti-Atlas
La chaîne la plus au sud du Maroc. Elle s'étend sur environ 800 km, de la côte atlantique jusqu'aux abords du Tafilalet, et culmine au Jbel Sirwa, à 3 304 m. Montagne très ancienne et usée par l'érosion, elle abrite des villages perchés parmi les amandiers. En venant de Marrakech ou d'Agadir, la route de Foum Zguid la franchit.
Erg El Mhazil
À environ 1 h 30 de piste, c'est l'erg le plus proche du village. Ses dunes sont moins hautes qu'à Chegaga, mais on y est vraiment seul. Quand le temps manque pour rejoindre le grand erg, c'est là que nous proposons une première nuit dans le sable.
Erg Lihoudi
Un petit champ de dunes, surnommé « la dune du Juif », à environ dix kilomètres de M'hamid, en direction du nord. Surface : environ 3 km². Hauteur : une trentaine de mètres selon les données d'altitude, loin des 100 m parfois annoncés. De nombreuses excursions bon marché, vendues comme une « nuit dans le désert », s'arrêtent là. Le lieu a du charme, sans être Chegaga : les camps y abondent, et l'on fait vite le tour des dunes.
Erg Smar
Une suite de dunes le long de la piste de l'est, entre M'hamid et l'Erg Chegaga. Les treks à dromadaire y font halte. Au départ de Foum Zguid, vous ne le verrez pas : notre piste passe par le lac Iriki, sur l'autre flanc du grand erg.
Erg Zahar
Un petit erg du côté de M'hamid, au sud-est de Chegaga, près de l'Erg Smar. Contrairement à ce qu'on lit parfois, il se trouve donc à l'opposé du lac Iriki. Certaines agences le vendent comme « les dunes chantantes » ou « hurlantes », sans qu'aucune mesure publiée ne le prouve. Quant aux 250 m de hauteur qu'elles avancent, les relevés d'altitude les démentent : moins de 40 m.
Erg Znaigui
Un nom qui apparaît dans certaines offres de bivouac. Selon les sources, il n'est pas au même endroit, et nos guides n'y vont pas. Si une agence vous le propose, demandez-lui sa position précise.
Jbel Bani
La longue chaîne sombre qui ferme l'horizon au nord de Foum Zguid. Peu élevée, elle s'étire sur des centaines de kilomètres au pied sud de l'Anti-Atlas, comme une muraille entre les oasis et le désert. Sur ses rochers, des gravures rupestres ont plusieurs millénaires. Toute la région appartient aujourd'hui au Géoparc du Jbel Bani.
La N12
La route qui suit le Bani au bord du désert, de Tata à Rissani, par Foum Zguid et Zagora. Goudronnée, belle et peu fréquentée, elle a la préférence des camping-cars et des motards qui bouclent le Sud marocain. Beaucoup font une pause chez nous, le temps d'une excursion vers les dunes.
Oasis d'Oum Laâlag
Une source d'eau douce entourée de tamaris, en plein désert. Elle couvre environ 15 hectares en bordure nord-est de l'erg de Chegaga, à l'intérieur du parc national d'Iriqui. Les agences l'appellent « l'Oasis sacrée ». Pour les nomades, elle l'est réellement, et les caravanes y font étape depuis toujours. Pendant nos excursions de trois jours, c'est là que l'on déjeune, à l'ombre, les pieds dans un sable frais.
Province de Tata
La province où nous vivons, sous le versant sud de l'Anti-Atlas. Ses oasis s'allongent au fil des oueds, et c'est l'une des régions les moins visitées du pays. L'été est brûlant (jusqu'à 47 °C en juillet), l'hiver lumineux. Foum Zguid en est l'entrée est ; la ville de Tata, chef-lieu, est à 1 h 30 de route.
Taznakht
Un bourg-carrefour : en venant du nord, c'est là que l'on quitte la nationale pour filer vers Foum Zguid. Sa spécialité est le tapis ouaouzguite, en laine, que tissent les femmes des hameaux du massif du Sirwa. Vous cherchez un tapis marocain ? Achetez-le dans l'une de ses coopératives plutôt que dans un bazar de grande ville.
Tizi n'Tichka
Le col qui permet à la route de Marrakech à Ouarzazate de passer le Haut Atlas, à 2 260 m. Deux heures de lacets, des panoramas immenses, et parfois de la neige au cœur de l'hiver. Sur nos circuits au départ de Marrakech, on ne peut pas l'éviter, et c'est souvent le premier grand souvenir du voyage.
Vallée du Draa
Le Draa est le fleuve le plus long du Maroc : 1 100 km du Haut Atlas à l'Atlantique, dont la plus grande partie sous le sable. D'Agdz à M'hamid, sa vallée aligne palmeraies et ksour sur 200 km. Autrefois, c'est lui qui alimentait le lac Iriki. Mais le barrage de Ouarzazate (1972), les années sèches et le sable l'en ont presque séparé. En septembre 2024, le lac s'est rempli grâce à un autre oued, le Mhasser, descendu du nord. Il s'est vidé depuis : en 2025-2026, il est à sec.
Le climat
Chergui
Un vent chaud et sec venu de l'est, cousin du sirocco. Il se forme au-delà de l'Atlas, perd son humidité en passant la montagne et atteint le Sud chargé de poussière. Sa saison : surtout l'été, quelquefois une poignée de jours au printemps. Dès qu'il se lève, on serre son chèche et on patiente : il finit toujours par tomber.
La nuit saharienne
Au coucher du soleil, le désert se transforme. En quelques heures, la température peut baisser de quinze degrés, le silence devient complet et le ciel s'illumine. À Chegaga, aucune lampe à environ 60 km à la ronde : presque toute l'année, la Voie lactée apparaît sans jumelles. Beaucoup de voyageurs font tout le trajet pour cette nuit-là.
La culture et la vie du Sud
Aït Atta
Une confédération amazighe, parmi les plus grandes du Sud-Est du Maroc. Son berceau est le massif du Saghro ; ses familles ont ensuite poussé la transhumance jusqu'au Draa et au Ziz. Autour de Chegaga, beaucoup de familles nomades en sont issues. Plusieurs de nos guides partagent cette culture : pour eux, le désert est la maison familiale.
Chèche
Le turban du Sahara : une bande de coton fin de quatre à cinq mètres, enroulée sur la tête et devant le visage. Soleil, sable soulevé par le vent, fraîcheur du soir : il protège de tout. Nos guides vous apprendront à le nouer. De tous vos achats, ce sera le plus utile, bien plus qu'un chapeau.
Dromadaire ou chameau ?
Une bosse, c'est un dromadaire ; deux bosses, un chameau, et celui-là vit en Asie centrale. Au Maroc, tous les « chameaux » sont donc des dromadaires, même si chacun confond les deux mots, nous compris. L'animal ne s'en vexe pas : il porte, il avance, et il garde ses distances. Pour marcher à ses côtés, voyez nos treks chameliers.
Kasbah et ksar
Deux termes de l'architecture en terre crue. La kasbah : la demeure fortifiée d'une famille, avec une tour à chaque angle. Le ksar (au pluriel, ksour) : un village fortifié tout entier, ruelles couvertes comprises. La vallée du Draa en compte des dizaines. Le plus célèbre du pays, Aït Ben Haddou, se trouve sur la route de Marrakech.
Palmeraie
Une oasis cultivée sur plusieurs niveaux. Tout en haut, les palmiers-dattiers donnent l'ombre ; plus bas poussent grenadiers et figuiers ; au sol, l'orge, la luzerne et le henné. À Foum Zguid, on la découvre à pied en fin d'après-midi, quand la lumière filtre entre les palmes.
Séguia
Un petit canal qui conduit l'eau dans la palmeraie. Le partage suit des tours d'eau fixés entre familles depuis des générations. Pour découvrir une oasis, rien de tel que de suivre une séguia : elle conduit forcément quelque part, et bien souvent vers quelqu'un qui a envie de bavarder.
Souk
Le marché de la semaine, pilier de chaque bourg du Sud. Chaque localité a son jour, et les familles nomades viennent y vendre et faire leurs provisions. À Foum Zguid, c'est le jeudi. Il reste un vrai marché de campagne : bétail, dattes, épices, forgerons, et aucun souvenir pour touristes.
Le thé du désert
Du thé vert de Chine, du sucre en abondance, de la menthe si l'on en trouve, et surtout du temps. Versé de haut, il mousse ; il se boit en plusieurs verres, du plus fort au plus doux. Décliner le premier verre est délicat ; décliner le troisième frôle l'impolitesse. Le cérémonial compte autant que le breuvage.