En bref
- Où
- Sud marocain, sur la piste de Foum Zguid aux dunes de Chegaga
- Trajet depuis Foum Zguid
- Environ 40 km de piste, environ 1 h en 4x4
- Dimensions
- Lac asséché d'environ 13 km de long
- Parc national d'Iriqui
- 123 000 hectares, créé en 1994
- Type d'accès
- Uniquement par la piste, en 4x4
Le lac Iriki en chiffres
| Type | Sebkha : lac saharien asséché, fond d'argile |
|---|---|
| Longueur | Environ 13 km |
| Fond du lac | À peu près 13 km × 11 km (mesures de l'université Ibn Tofail lors de la crue de 2024) |
| Situation | Au sud du Jbel Bani, à mi-chemin de Foum Zguid et de M'hamid El Ghizlane |
| Alimentation | Trois oueds : le Draa, l'oued Zguid et l'oued Mdawar |
| Parc national | Iriqui, créé en 1994, environ 123 000 ha |
| Dernière crue | Septembre 2024 : plus de 80 km², puis environ 146 km² d'eau |
| État actuel | Sec en 2025-2026 |
| Depuis Foum Zguid | ≈ 1 h de piste en 4x4 (40 km) |
Pourquoi le lac est sec
- Le principe : pendant des siècles, presque chaque année, les crues du Draa, venues du Haut Atlas, suivaient le pied du Jbel Bani pour s'achever dans cette cuvette fermée. L'eau couvrait le fond, les troupeaux et les oiseaux suivaient. À Foum Zguid, les plus âgés se souviennent d'années où l'on pêchait sur le lac.
- Le barrage : El Mansour Eddahbi, construit en 1972 en amont, près de Ouarzazate, retient une partie des crues pour sa région.
- Les sécheresses : elles se sont succédé au fil des décennies.
- Le sable : il a gagné environ un tiers du bassin côté Chegaga. Une étude de l'ANDZOA et de l'université Ibn Zohr montre même que le lit du Draa s'est déplacé de 2 km vers le sud, à hauteur de Dribila.
- Le résultat : le Draa n'atteint presque plus le lac. Reste un fond d'argile parfaitement plat, déposé par des siècles de crues et poli par le vent. En bordure, les tamaris puisent dans une nappe que seules les pluies exceptionnelles rechargent : le lac sommeille, il n'a pas disparu.
Le parc national d'Iriqui
- Création et taille : 1994, environ 123 000 hectares entre le Jbel Bani et le Draa, parmi les plus grands espaces protégés du Maroc.
- Provinces : Zagora et Tata.
- Milieux : deux à la fois, la sebkha, classée comme zone humide saisonnière, et autour d'elle une steppe d'acacias. Les dunes occupent 46 % du parc.
- Habitants : un seul village habité toute l'année, Zaouit Sidi Abdenabi, moins de cent personnes.
- Flore : plus de 130 espèces de plantes recensées.
- Rallyes : la région les attire depuis longtemps. En 1973, le Rallye du Maroc terminait à Foum Zguid une spéciale de 200 km partie d'Irherm ; l'Africa Eco Race y a fait étape en 2014. Des tracés traversent encore le parc, et l'étude de l'ANDZOA recommande de les éloigner des zones sensibles, lac compris.
La faune : ce qui revient, ce qu'on voit rarement
- Gazelle dorcas : une vingtaine d'individus en 2018, plus de 450 aujourd'hui, après plus de 200 lâchers.
- Addax : réintroduits depuis 2019 ; selon l'ANEF (juin 2026), 55 à 60 vivent en liberté et se reproduisent sans aide.
- Autres espèces de la steppe : l'outarde houbara et le fennec, dont le parc est le dernier refuge régional.
- Plus discrets : mouflon à manchettes, hyène rayée, varan, caméléon et deux vipères à cornes (Cerastes cerastes et C. vipera), inscrits sur la liste officielle du parc mais rarement aperçus.
- Oiseaux d'eau : les années de pluie, entre janvier et mars, flamants roses et migrateurs se posent sur le lac, à deux pas des dunes. Ce n'est pas le cas actuellement : depuis la crue de 2024, le lac s'est vidé.
Que voir autour du lac
- La sebkha elle-même : environ 20 minutes de traversée sur une plaine entièrement blanche, le temps fort de la journée.
- Le Colorado marocain (Jbel Madouar) : un cirque de roches rouges à la sortie nord du lac, à voir en lumière rasante.
- Le plateau des fossiles : ammonites et orthocères visibles directement sur la dalle calcaire.
- Les gravures du Jbel Bani : scènes de chasse gravées il y a des millénaires, quand le Sahara était encore vert.
- La steppe : acacias raddiana, tamaris et, avec un peu de chance, des gazelles tôt le matin.
- Les dunes : l'erg commence à la lisière est du lac ; la plupart des voyageurs combinent lac et Erg Chegaga le même jour.
Comment visiter le lac Iriki
Ni route ni transport public : la visite se fait en 4x4, avec un guide qui connaît les pistes.
| Point de départ | Piste jusqu'au lac | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Foum Zguid, notre village | ≈ 1 h | Le plus court et le plus varié : hamada, sebkha, Colorado marocain, puis les dunes |
| M'hamid El Ghizlane | 2 h 30 à 3 h environ | Plus long, par l'erg Smar et la bordure sud |
- À la journée : notre excursion d'une journée au lac Iriki, à partir de 80 € par personne, repas nomade compris.
- Avec une nuit dans les dunes : la traversée fait partie de nos excursions vers l'Erg Chegaga en bivouac.
- En camping-car : sur la N12, laissez le véhicule au village et partez pour la journée.
La traversée, concrètement
- Le 4x4 quitte la piste de cailloux et descend un petit talus.
- Les secousses cessent : on n'entend plus que le chuintement des roues, l'argile est lisse.
- Devant vous, du blanc sur plus de dix kilomètres, et un horizon qui vibre dans la chaleur.
- Les distances deviennent trompeuses : un point noir peut être un acacia à dix minutes ou un véhicule à une heure.
- Demandez un arrêt au milieu, moteur coupé, pour écouter le silence : aucune photo ne restitue ce moment.
Quand le lac se remplit
- Déclencheur : de fortes pluies sur le bassin du Draa, certaines années seulement.
- Durée : de quelques semaines à quelques mois d'eau peu profonde sur une partie de la sebkha.
- Oiseaux : flamants roses et migrateurs arrivent en quelques jours, posés entre dunes et montagne, très loin de toute côte. Les photographes présents à ces moments en parlent comme du plus beau spectacle du Sud.
- Information en temps réel : nous traversons le lac chaque semaine ; si l'année est pluvieuse, écrivez-nous avant votre voyage et nous vous dirons ce que nos guides ont observé.
Septembre 2024 : la crue documentée
- Origine : un cyclone extratropical a balayé le nord-ouest du Sahara les 7 et 8 septembre 2024.
- Pluies : de quelques dizaines à plus de 200 mm selon la NASA, l'équivalent d'environ une année en deux jours. Sur ses images satellite datées du 10 septembre, on voyait la sebkha du parc d'Iriqui se remplir.
- Arrivée de l'eau : par le nord, via l'oued Mhasser, et non par le Draa.
- Mesures : l'équipe de l'université Ibn Tofail (revue Land, 2025) a relevé plus de 80 km² d'eau après le premier orage, puis environ 146 km² après le second.
- Vie retrouvée : des oiseaux migrateurs, absents des relevés sur le lac depuis 1968, et des triops, petits crustacés dont les œufs patientent des décennies dans la boue sèche.
- Durée : fin octobre 2024, le lac restait plein et coupait la piste près de l'étape du Titanic. Il s'est vidé ensuite : en 2025 comme en 2026, nos 4x4 retrouvent la sebkha sèche.
- Une idée reçue : la NASA n'a pas parlé d'une première « en 50 ans ». La formule vient de la presse ; les « 30 à 50 ans » de la météo marocaine concernaient l'intensité de la pluie, pas le lac. Le fait établi : aucune eau relevée sur le lac depuis 1968.
Si l'eau revient, nous le saurons vite : contactez-nous si votre voyage en dépend.
Haltes sur la piste du lac
Quelques adresses jalonnent la piste de la rive nord, entre Foum Zguid et Chegaga. Elles sont données pour vous repérer, sans classement.
- Auberge Sahara Iriki : restaurant et terrasse, sur la rive nord.
- Le Titanic : petit hôtel avec restaurant, situé plus loin vers l'est ; les voyageurs l'appellent « le fameux camping Titanic ». L'origine du nom nous est inconnue.
- Auberge Etoile Iriki, Café Désert Iriki, Restaurant Rimal Lac Iriki : autres arrêts repérés sur les cartes de ce secteur.
- La Petite Maison du Lac Iriki : une famille y tient une maison d'hôtes, à Zaouia, au bord du lac.
- À ne pas confondre : l'« Auberge Iriki » trouvée en ligne se situe en ville, à Foum Zguid. Aucun bar n'existe au bord du lac.
Le lac Iriki à vélo
- Itinéraire : la piste qui relie Foum Zguid à M'hamid ; on trouve en ligne des traces GPS de cyclistes, et certaines agences vendent des circuits VTT sur le lac.
- Terrain : à sec, l'argile est dure, roulante et parfaitement plate.
- Difficultés : sable mou près des dunes, aucun point d'eau fiable, chaleur, vent contraire.
- Après la pluie : argile détrempée, passage impossible, à vélo comme en 4x4.
- Conseil : un véhicule d'assistance pour l'eau et les bagages simplifie beaucoup la traversée.
D'où vient le nom Iriki ?
- Nom amazigh : Agelmam Iriqi ; agelmam signifie « lac », comme dans Aguelmam Azegza ou Aguelmam Sidi Ali.
- « Iriqi » : aucune source fiable n'en donne le sens.
- Graphies : Iriki, Iriqui, Iriqi. Les documents officiels du parc national écrivent Iriqui.
Conseils pratiques
- Horaire : départ de bonne heure ; c'est le matin que la sebkha prend sa plus belle lumière et que les animaux se montrent.
- Après un gros orage : impossible de couper droit à travers le lac ; nos guides prennent alors la piste de bordure, aussi belle.
- Sécurité : emportez plus d'eau que prévu, et ne vous lancez jamais seul en 4x4 sans connaître la piste : le lac est immense, uniforme, et le téléphone n'y capte pas.
Questions et réponses
Combien de temps faut-il pour aller de Foum Zguid au lac Iriki ?
Environ 1 h de piste en 4x4 pour une quarantaine de kilomètres (40 km). C'est l'accès le plus direct : la sebkha apparaît dès la fin de la première heure.
Une voiture ordinaire peut-elle atteindre le lac Iriki ?
Non. Aucune route goudronnée ne mène au lac : uniquement des pistes, en 4x4 ou lors d'un bivouac chamelier de plusieurs jours. Deux points de départ : Foum Zguid au nord, M'hamid à l'est. Depuis Foum Zguid, le trajet est le plus court.
Le lac Iriki est-il en eau en ce moment ?
Non. En 2025-2026, c'est une sebkha sèche, un fond d'argile blanche à perte de vue. Une lame d'eau peu profonde ne réapparaît que certaines années, après de fortes pluies, et attire alors oiseaux migrateurs et flamants roses. La dernière crue importante remonte à septembre 2024.
Le lac Iriki a-t-il vraiment été inondé en septembre 2024 ?
Oui. Après les orages des 7 et 8 septembre 2024, l'eau a couvert plus de 80 km², puis environ 146 km² après un second épisode (étude de l'université Ibn Tofail, 2025). Des oiseaux migrateurs, absents des relevés depuis 1968, sont revenus. Fin octobre 2024, le lac était toujours plein ; il est sec depuis, et l'est encore en 2025-2026.
Traverser le lac Iriki à vélo, est-ce faisable ?
Oui, sur la piste qui relie Foum Zguid à M'hamid. Sec, le fond d'argile est dur et plat ; les pièges sont le sable mou près des dunes et le manque d'eau. Après la pluie, le lac ne se franchit plus.
Faut-il payer pour entrer dans le parc national d’Iriqui ?
Pas de guichet à l'entrée du parc : on y circule librement, mais un guide qui connaît les pistes reste indispensable. Avec nous, l'itinéraire suit les zones autorisées et évite les secteurs réservés à la faune.
Quelle saison choisir pour voir le lac Iriki ?
D'octobre à avril : lumière douce, températures agréables et, les années pluvieuses, de l'eau et des oiseaux entre janvier et mars. En été, on peut encore traverser au petit matin, mais il fait plus de 45 °C en milieu de journée.